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Les kilos émotionnels, comment s’en libérer ? Dr Stéphane Clerget

les kilos émotionnels comment s'en libérer Dr Stephane Clerget

«  Une mauvaise régulation de nos émotions peut induire des variations de poids sans qu’il existe de véritables excès alimentaires ou des troubles du comportement alimentaire. C’est pourquoi les régimes ou les exercices physiques seuls sont souvent insuffisants pour diminuer de façon durable une surcharge pondérale. »

A propos de l’auteur : Le docteur Stéphane Clerget est psychiatre, pédopsychiatre, chercheur et praticien hospitalier. Il est également l’auteur de plusieurs dizaines ouvrages, notamment sur la parentalité et également sur la santé comme Les kilos émotionnels comment s’en libérer , Soigner son moral au naturel, Bien dans son assiette bien dans sa tête ou encore L’amour et les kilos.

Le livre Les kilos émotionnels, comment s’en libérer du Dr Stéphane Clerget

A la suite de ma lecture de l’ouvrage Les kilos émotionnels, comment s’en libérer, j’ai pu constater que le livre s’articule autour de 3 axes :

  • le bilan de départ qui présente les causes connues principales du surpoids
  • les prises de conscience qui permettent une recherche et une analyse de toutes les causes émotionnelles, psychologiques qui ont une influence sur notre façon de s’alimenter au quotidien pour mettre en lumière des schémas individuels insoupçonnés
  • la recherche de solutions qui propose une réflexion pour construire de nouveaux mécanismes et attitudes pour ne plus se servir (ou dépendre) de la nourriture pour s’exprimer et compenser

Le bilan de départ

1/ Surpoids, troubles alimentaires et émotions

Le surpoids devient un problème de santé publique, avec de plus en plus de personnes concernées : un adulte sur cinq en France, et près d’un sur deux aux Etats-Unis. Outre ses conséquences directes sur la santé de mieux en mieux connues, le surpoids et l’obésité ont également des conséquences émotionnelles peu prises en compte et étudiées. Le rejet social et la discrimination ont un impact émotionnel fort sur les personnes concernées, renforçant souvent les mécanismes de prise de poids et maintenant le problème plutôt que d’aider à le lever.

Faire un régime et se mettre au sport pour mincir, oui mais…

Faire un régime pour perdre du poids est à portée de tous (au moins pour une courte période) mais conserver la “nouvelle silhouette” suite à un régime est un véritable parcours du combattant puisque l’auteur indique que 90% des personnes ayant suivi un régime à, au moins repris le poids initial sinon plus au bout de 5 ans. Les régimes avec pour principe simple de creuser l’écart de calories entre celles ingérées et celles dépensées par l’organisme enduit également des frustrations régulières, et ne permet pas un travail sur les troubles du comportement alimentaires ni sur l’image de soi, souvent négative, des personnes en surpoids. Le sport,quant à lui, offre une meilleure approche car il offre des bienfaits multiples tel que le renforcement les liens sociaux positifs, la confiance en soi, ainsi qu’une régulation physiologique offrant un meilleur bien-être. En ce sens, il est une meilleure réponse pour se débarrasser des kilos émotionnels.

Trop souvent, le surpoids et l’obésité est vécu comme une fatalité immuable, quelles sont les causes réelles à l’origine d’un excès de poids ?

  • Les causes génétiques : Les prédispositions génétiques existent et sont réelles. Toutefois, l’environnement va jouer un rôle majeur dans l’expression ou non de ces prédispositions. Les habitudes alimentaires, l’éducation, le rapport émotionnel avec la nourriture, le niveau d’activité physique sont autant de paramètres à prendre en considération qui vont enclencher ou réduire l’expression du génome. Il n’y a donc pas de fatalité.
  • Les causes éducatives : Les schémas qui privilégient la quantité plutôt que la qualité, courant dans notre société actuelle, sont un facteur important de surpoids.
  • Les causes émotionnelles : Très peu à l’étude à l’heure actuelle, elles peuvent s’ajouter à d’autres causes du surpoids. Les troubles émotionnels entraînent des troubles du comportements alimentaires (ponctuels ou réguliers) qui eux, vont être à l’origine du surpoids. Les kilos qui résistent aux régimes sont souvent les kilos d’origine émotionnelles.
  • Les troubles du comportement alimentaire : Le grignotage, la fringale, la chocolatomanie, le syndrome d’alimentation nocturne, l’hyperphagie, la crise boulimique,…

Comment les émotions agissent sur notre poids ?

L’auteur consacre quelques pages sur le lien entre zones du cerveau, neuromédiateurs, hormones, émotions et poids ainsi que le lien particulier émotions-corps. Il expose l’idée que nous possédons tous deux représentations de nous-même :

  • le schéma corporel , la carte neurologique et sensitive de notre corps
  • le schéma émotionnel, représentation inconsciente de notre corps tel que notre psychique le perçoit. Ce dernier est donc propre à chacun et façonné par une multitudes d’informations comme nos désirs, notre histoire, nos fantasmes, etc et se construit et évolue tout au long de la vie. Parfois, des troubles surviennent dans cette représentation et cela interfère avec l’individu : la personne ayant perdu récemment beaucoup de poids se perçoit encore comme étant trop grosse, etc …

Le cerveau mémorise également la morphologie du corps et déteste les changements trop rapides comme cela peut être le cas dans les régimes amincissants. A la suite d’une transformation qu’il juge trop brutale, il enclenchera tout une série de processus dans le but de restaurer son état initial. Heureusement, la mémoire n’est pas une chose gravée noir sur blanc mais est, au contraire, quelque chose de flexible et malléable.

Les prises de conscience

2/Repérer ce qui nous pousse à manger

” Une mauvaise régulation de nos émotions peut induire des variations de poids sans qu’il existe de véritables excès alimentaires ou des troubles du comportement alimentaire. C’est pourquoi les régimes ou les exercices physiques seuls sont souvent insuffisants pour diminuer de façon durable une surcharge pondérale.”

A l’aide de 2 histoires, le Dr Stéphane Clerget illustre en début de chapitre l’origine émotionnelle des kilos. Celle-ci peut être très diversifiée et conseille la tenue d’un journal de bord, dont il présente la marche à suivre en détail. Il s’agit d’un outil puissant pour permettre d’identifier les prises alimentaires émotionnelles, souvent déconnectées de la sensation de faim et des besoins normaux de l’organisme. Cette identification est la clé de voûte de tout travail de libération à suivre et ne doit pas être évitée ou différée.

Ces pulsions qui nous font prendre des kilos

Psychiatre, l’auteur revient ici de manière détaillée sur la pulsion orale, vitale, la notion de plaisir puis de culpabilité à travers le premier stade de développement affectif définit par Freud, le stade oral. Pendant 20 pages, l’auteur développe et explique de façon claire et compréhensible par tous, l’évolution du stade oral au cours de la vie et les conséquences que cela peut avoir sur le comportement – dont alimentaire – en cas de conflits avec la sphère orale.

3/ L’influence de l’éducation et de l’environnement

Le lien nourriture-émotions se construit dès les premiers stades de la vie : le nourrisson “capte”, en plus du lait, tout un panel d’informations issu du parent nourricier tel que les émotions, les angoisses, les odeurs, le timbre de voix etc et “l’absorbe” en même temps qu’il se nourrit de l’aliment, de façon inconsciente. A cela s’ajoute la construction d’une image de la nourriture et des différents aliments propre à chacun en fonction de différents critères comme la culture, la religion, le vécu personnel tout au long de l’enfance. Chaque aliment devient donc chargé symboliquement et affectivement. La traversée de l’adolescence ajoute également des filtres de perception : la nourriture et surtout la graisse liée au surpoids se transforme peu à peu en rempart de protection vis à vis de l’entourage. C’est une période favorable à la mise en place des dépendances alimentaires. D’autres facteurs peuvent également émerger, comme des interdictions inconscientes pour “coller” aux attentes des proches. Par loyauté envers un ou plusieurs membres de la fratrie, des comportements qui favorisent la prise de poids et son maintien voient le jour au niveau inconscient, malgré toute la bonne volonté à maigrir de la personne.

4/ Manger pour ne plus dépendre

Les relations humaines vécues dans la frustration et l’angoisse de l’abandon peuvent trouver facilement un réconfort dans l’addiction et la dépendance à la nourriture : quantifiable, toujours à disposition, rassurante, elle devient le substitut idéal à l’absence de l’autre. Les imageries médicales ont réussi à montrer qu’il existe une véritable addiction (au sens médical du terme) à la nourriture, la toxicomanie aux aliments. Celle-ci se met en place dans l’enfance et l’adolescence comme solution de secours en réponse au mal-être, aux angoisses et au sentiment d’insécurité ressentis par la personne concernée, notamment à chaque prise d’indépendance vis à vis des parents et du cocon familial (première journée à l’école, première nuit à l’extérieur, etc). Se mettre à dépendre de la nourriture permet de ne plus dépendre de ses parents, suivi de sa/son partenaire amoureux (en cas de rupture par exemple), puis de ses enfants (lorsqu’ils quittent la maison familiale),…

La recherche de solutions

7/ Comment réduire le stress

“Source majeure de kilos émotionnels, le stress agit par différents mécanismes qui mettent en jeu des hormones et des neurotransmetteurs. Il crée des modifications dans le comportement alimentaire, dans la mobilisation physique, mais agit aussi directement en stockant la graisse, c’est-à-dire en modifiant le métabolisme de base.”

Le Dr Stéphane Clerget insiste ici sur l’importance d’identifier et de désamorcer le stress comme base pour lutter contre les kilos émotionnels. Il aborde succinctement plusieurs points essentiels comme :

  • une meilleure gestion du temps,
  • faire appel à d’autres personnes dit “personnes ressources”,
  • déléguer quand cela est possible pour dégager plus de temps pour soi,
  • se relaxer,
  • développer l’analyse de son ressenti et de son état intérieur en fonction des situations stressantes rencontrées.

Plusieurs méthodes de relaxation et de méditation sont également présentées, dont celle par cohérence cardiaque. L’axe de l’auteur est simple : pour perdre ses kilos émotionnels, il faut déja commencer par réguler son émotivité, son stress, ses angoisses et avoir un rythme de vie équilibré.

Si le rôle du stress dans la prise de poids t’intéresse, tu peux également découvrir mon article : Le stress chronique nous fait grossir.

8/ Comment éviter que nos émotions nous fassent manger

Toute émotion stockée et non exprimée se matérialise en graisses stockées dans le corps. L’auteur traite donc toute la gamme d’émotions en nous expliquant le lien de chacune d’elles dans la prise de poids ou le maintien du surpoids.

  • La peur : Il est possible qu’inconsciemment nous ayons peur d’être mince (peur d’être trop séduisante, peur de la réaction des autres, …). Des mécanismes s’enclenchent alors malgré nous pour nous empêcher de perdre du poids, ou même, pour nous faire grossir.
  • La tristesse : La tristesse, souvent associée avec de la fatigue, pousse le corps à entrer dans une phase de repos et de repli sur soi le temps de se régénérer. Souvent, la personne triste va également chercher le réconfort qu’elle ne peut avoir auprès de l’autre dans la nourriture.
  • L’ennui : avoir “goût” à rien, est également une des causes principales du surpoids. Par manque d’intérêt, la personne tente de compenser et de remplir à la fois son temps et elle-même avec l’intérêt passager que provoque le fait de se nourrir.
  • L’anxiété
  • La colère
  • La jalousie et l’envie
  • Les remords et les regrets
  • Le sentiment de vide

9/ les kilos de la déprime

Une étude américaine met en lumière un lien entre dépression et obésité chez les femmes :lors d’un état dépressif, les activités physiques se réduisent, ce qui augmente la probabilité de prise de poids. Le manque d’entrain, de motivation et d’intérêt pour les activités peuvent également enclencher un réflexe inconscient de lutte : celui de manger davantage, au delà de ses besoins. L’hyperphagie boulimique est également un comportement fréquent chez les personnes en dépression. Outre la quantité et la fréquence des repas et des grignotages, le choix des aliments tend également à se modifier au fur et à mesure que la dépression s’installe et dure. La part de féculents, de “douceurs” et autres sucreries vont progressivement augmenter.

“Toute dépression renvoie à une perte”

Le Dr Stéphane Clerget cherche à mettre en avant les causes initiales de la dépression pour les dépasser : deuil, séparation, licenciement, toute dépression renvoie à une perte, et la perte peut prendre différente forme. A chaque fois, l’individu va chercher à combler, recréer ou maintenir en vie ce qui a été perdu via l’apport de nourriture. Pour dépasser cela, il est essentiel de ne pas nier la douleur liée à la perte et de lui permettre de s’exprimer plutôt que de se blinder de l’intérieur pour “paraître” aller bien.

10/ Améliorer l’image de soi

Vouloir améliorer son image, c’est avant tout avoir de la volonté de repenser sa façon de cuisiner et de s’alimenter, de repenser également ses sources de plaisirs personnels.

” le principe moteur de la volonté, c’est la motivation”

Le manque de motivation est la principale cause d’abandon. Celui-ci est souvent du aux échecs passés, au manque d’estime de soi et à une mauvaise compréhension de ce qu’est la perdre du poids. Trop souvent, la perte de poids est vécue comme un combat contre soi-même et nos propres faiblesses (celles qui font faire des excès). Or, c’est tout le contraire. La perte de poids est un projet à la recherche de soi et du plaisir de vivre et de se nourrir différemment. C’est un processus constructif, porteur de sens et non destructeur.

11/ Lâcher prise

« Lâcher prise c’est diminuer la fréquence des il faut et des je dois que l’on s’inflige à longueur de journée. »

Le besoin de tout contrôler trahit souvent un manque de confiance. Lâcher prise, c’est justement être capable de faire confiance, à soi-même, à ses ressources intérieures, et également à la vie. Il ne s’agit pas de se déresponsabiliser, ou d’adopter des comportements extrêmes mais de s’avouer que l’on ne peut pas tout maîtriser, de s’autoriser à se guider vers notre objectif personnel sans se contraindre dans un harnais de fer et des oeillères pour y arriver. Oui, il est possible de perdre du poids en s’accordant du plaisir, en s’alimentant en conscience.

12/ s’affirmer sans grossir

L’auteur aborde également l’existence des kilos qui sont présents pour pallier à un problème d’affirmation de l’individu à travers 2 axes principaux : se protéger et être reconnu.

  • Les kilos carapace existent pour matérialiser une armure, une protection entre ce que nous identifions comme un danger extérieur et nous-même. Pour les désamorcer il est possible de conscientiser la problématique, d’identifier le danger et de mettre en place un autre mécanisme, plus approprié que le réflexe inconscient que représente la prise de poids et les kilos.
  • La prise de poids peut également être la manifestation du désir inconscient de prendre plus de place, d’être visible et reconnu, de paraître plus fort lors que le contexte familial ou social nous écrase ou encore lorsque notre caractère timide, réservé, etc nous donne la sensation d’être invisible ou oublié.

« pour vous libérer de ces kilos émotionnels qui visent à vous affirmer, il faut, une fois vous prise de conscience faite, mettre en œuvre d’autres méthodes affirmation de soi. »

Les kilos émotionnels, comment s’en libérer est un livre de poche court (moins de 300 pages) mais pourtant très dense et riche en informations. Vu la longueur de mon article, j’ai pris partie de ne pas parler de certains chapitres. Ainsi lors de ta lecture, tu découvriras également les chapitres suivants :

5/ la grossesse et la ménopause

6/ Tout ce qui joue sur nos émotions

13/ Lutter contre la culpabilité

14/ Retrouver une harmonie intérieure

En bref

  • Un livre de poche accessible à tous
  • Complet, il traite de nombreuses situations et étapes de la vie
  • Très dense et riche d’informations
  • L’auteur arrive à parler de Freud de manière claire et sans m’endormir (crois moi, c’est une victoire)
  • Une mine d’or à explorer si on veut commencer à se poser les bonnes questions
  • Une lecture un peu trop linéaire à mon goût qui manque peut-être de questions ouvertes directement poser au lecteur, ce qui enclenche le fameux syndrome du : « je lis le livre, je le trouve super, et je le range sur l’étagère en ayant appris beaucoup mais en ayant au final peu appliqué à mon cas »

Pour conclure sur le livre Les kilos émotionnels, comment s’en libérer

Ce livre m’a appris que la route pour établir un rapport sain vis à vis de la nourriture est une quête longue, minutieuse dans laquelle il est nécessaire de mettre en lumière chaque recoin de son inconscient, et surtout que cela est une aventure personnelle ! Aucun magazine, aucune méthode miracle d’alimentation peut instaurer la paix intérieure avec ce que l’on mange de manière durable. Les souvenirs, parfois douloureux, les empreintes émotionnelles, éducationnelles sont autant de choses sur lesquelles s’interroger, creuser, faire le tri, seule ou accompagné par un thérapeute qualifié si le besoin s’en fait sentir pour les mémoires douloureuses, sont d’autant de choses à explorer lorsque l’on se décide, comme c’est mon cas aujourd’hui, à développer un bon équilibre alimentaire en harmonie avec soi, son plaisir et, exempt de frustrations. Une tâche parfois ingrate, mais grandement épanouissante sur le long terme, en plus d’être un choix santé !

Si mon article t’a donné envie de découvrir ce livre, tu peux l’acheter sur Amazon.

 

NB : je touche une petite commission si tu passes par les liens amazon de cet article, cela m’aide à développer ce blog. Merci si tu le fais !

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1 thought on “Les kilos émotionnels, comment s’en libérer ? Dr Stéphane Clerget

  1. Hello ABY 🙂
    Super Article, je suis également entrain de consommer ce livre 🙂
    La Motivation comme tu dis c’est le premier facteur de l’echec, car on ne peut compter sur elle.
    C’est l’une des émotions les plus variable !
    Le determination, la discipline et les habitudes seront nos meilleurs alliés !

    Au final, on en revient à eclaircir certaines zones de notre être ! à prendre conscience et confiance…

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