Emotions et alimentation, Mes réflexions

Lorsque l’hyperempathie et ma sensation de vide intérieur me pousse à (trop) manger ?

Si tu as suivi mon dernier bilan mensuel évoquant le retour de mes compulsions alimentaires, ainsi que mon article sur le livre Maigrir, c’est dans la tête, j’ai évoqué à plusieurs reprises qu’une clé du livre avait résonné en moi. Et quand je dis résonner, je pèse mes mots. Ce chapitre a fait mouche avec une telle précision qu’il m’a littéralement remué en profondeur, et ce, dans tous les sens. Il a touché du doigt un schéma qui me ronge de l’intérieur depuis des années. Pourtant, j’ignorais que celui-ci pouvait également avoir un impact sur mon comportement alimentaire. Et depuis cette lecture, les prises de conscience s’enchaînent. Aussi, il m’aura fallu près d’un mois et demi de prise de recul entre ma lecture de Maigrir c’est dans la tête et l’écriture de cet article, temps qui m’ a été nécessaire pour faire le point, avancer et y voir plus clair. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir franchi un premier cap et je tenais à te parler du concept d’hyperempathie du Dr Apfeldorfer qui t’est peut-être inconnu, ainsi que de mes avancées personnelles à ce propos. En partageant cela avec toi, j’espère que cela te donnera des pistes de réflexion dans ta démarche individuelle de perte de poids.

« L’être humain est un tout : notre façon de manger reflète des schémas de pensées et de comportements plus profonds. » Dr Apfeldorfer, Maigrir c’est dans la tête.

Qu’est ce que l’hyperempathie ?

Pour faire simple, l’auteur décrit la position hyperempathique comme une méconnaissance du monde intérieur et un surinvestissement du monde extérieur.

La personne hyperempathique a donc un besoin presque vital du monde et des autres. Elles se nourrit d’eux de façon quasi fusionnelle. Lorsqu’elle est confrontée à l’absence de l’autre, c’est à dire à la solitude, un sentiment d’inexistence, de vide fait surface avec son lot d’angoisses. La nourriture est un des moyens possibles pour faire face et se sentir intérieurement remplit. Un autre trait de comportement pour pallier à ce vide et éviter d’en avoir conscience est l‘hyperactivité : courir partout, tout le temps et être surbooké en permanence est une autre manière de “se remplir” de l’extérieur.

lorsque les emotions declenchent des envies de sucres

  • La nourriture, mais pas seulement. Vers le début d’une prise de conscience plus vaste …

J’évoquai dans mon bilan du 7eme mois un fait étrange. En effet, avec la fin de mes conditionnements alimentaires, j’avais fait un transfert sur les livres. En effet, je me suis mise à acheter beaucoup mais alors beaucoup de livres au fur et à mesure que je n’avais plus envie de me goinfrer et que j’ai lâché pas mal de mécanismes au niveau de l’alimentation. En fait, si je remonte mon histoire, j’ai d’abord eu ce schéma d’acheter des livres et des petits objets déco pendant mon adolescence et c’est uniquement lorsque je me suis éloignée de ma passion de la lecture que j’ai compensé sans m’en rendre compte sur l’achat de petits « festins ». Ces dernières semaines, j’ai voulu m’interdire d’acheter des livres et autres petits objets sauf en cas de nécessité absolue (ce qui n’est arrivé qu’une seule fois). Et là surprise. Qu’ai je constaté ? Mes compulsions alimentaires sont réapparues : j’ai eu envie de manger plus, plus sucrés et de me refaire des petits festins. Il est d’une évidence flagrante désormais que ces deux compulsions sont deux facettes d’un seul et même problème. Et c’est là que la lecture de la clé de l’existence de soi du livre Maigrir, c’est dans la tête a fait mouche. Que ce soit à travers la dégustation de nourriture plaisir qui me fait « vibrer » ou à travers la lecture de romans très immersifs ou de livres qui me remplissent de savoir et d’informations, dans les deux cas, j’ai cherché à me « remplir » (ma tête, mon corps) et à ressentir des sensations pour fuir cette affreuse sensation d’inexistence que je ressens souvent comme une immense douleur sourde et profonde au niveau de la poitrine.

Mais au-delà d’une simple compulsion alimentaire ou shopping, je m’aperçois également à quel point cela perturbe et pourrit mes relations avec mes proches et ma relation à moi-même. Combien de fois suis-je restée en compagnie d’un de mes amis que j’affectionne beaucoup mais qui, alcoolique, peut se montrer très agressif verbalement assez régulièrement ? Beaucoup trop ! L’angoisse de me retrouver seule étant pire que de subir des insultes et des agressions verbales à répétition. Je ne compte plus le nombre de fois au cours de ces dernières années où je me suis retrouvée en larmes, sans plus aucune estime ni confiance en moi suite aux discours virulents de cet ami un peu trop alcoolisé ces soirs là, alors que j’avais à chaque instant le choix de raccrocher mon téléphone ou de partir. Choix que j’ai rarement fait, tant la souffrance de me retrouver seule face à moi-même était intense. Il s’agit de l’exemple le plus marquant au niveau relationnel, mais je suis sure qu’en y regardant de plus prés, notre quotidien est rempli de petits choix anodins où nous nous oublions, où nous renions nos envies pour privilégier la présence d’autrui.

  • Un mois plus tard, ma vie a commencé à changer

accepter de regarder en soi pour arreter de jouer un roleComme je l’ai dis plus haut, il m’a fallu un long moment pour rédiger cet article. Et j’écris ce qui suit un mois après l’avoir commencé car je ne me sentais pas encore prête. Et lorsque je relis mes lignes précédentes (dont je ne me rappelais que vaguement) j’ai eu un petit choc à la vue du cheminement parcouru au fil de ces dernières semaines. J’ai relu plusieurs fois la clé correspondante à l’hyperempathie dans le livre Maigrir c’est dans la tête et j’ai réellement saisi l’ampleur que ce problème générait dans ma vie, à quel point je pouvais vivre des situations de souffrance à cause de ce vide intérieur que je ressentais depuis des années. J’ai toujours plus ou moins su l’origine du problème : la perte d’un être qui m’était extrêmement cher et dont je ne me suis jamais entièrement remise ainsi qu’un refus interne de vivre pour moi, de me réaliser suite à ce décès. Le sujet étant à la fois intime et douloureux, tu comprendras que je ne développerais pas cet aspect de ma vie privée sur ce blog. Pour en revenir à l’hyperempathie, j’ai donc accepté, au fil des jours, de regarder en face mes comportements mis en place pour éviter cette souffrance ainsi que toutes les répercussions que cela avait sur ma vie. Et crois moi qu’il y en avaient un sacré paquet ! J’ai pris la décision intérieure de m’autoriser enfin à m’alléger de tout cela et à recommencer à vivre pleinement. J’ai donc mûrement réfléchi et commencé à acter des changements. Je tiens à préciser une chose à ce propos : avant d’enclencher quoi que ce soit de concret, j’ai longuement pensé, analysé les pours et les contres, écouté mon ressenti, pris des renseignements fiables puis enfin, pris des décisions. Je crois qu’il est important de souligner qu’il ne s’agit pas de « coups de tête » qui chambouleront le quotidien quelques semaines avant de me ré-enfoncer dans la même routine qu’avant.

Renouer avec soi-même pour guérir de son vide intérieur

J’ai pris de temps de dresser un tableau de ma vie : mes occupations, mes relations, mes habitudes, … Cette phase a été la plus longue. J’ai eu besoin de ressentir comment j’habitais ma vie, ce qui me plaisait et ce qui ne me plaisait pas, ce qui était essentiel, et ce qui ne l’était pas. J’ai trouvé cela intéressant de voir que tout ou presque m’était finalement essentiel mais pas dans ces proportions là. Je m’explique. Je me suis rendue compte que j’avais réduit ma vie et mes activités à peau de chagrin mais que je m’y consacrais beaucoup ; beaucoup trop finalement pour y ressentir du plaisir, qui se transformait en corvée et en tâche contraignante. Au final, je me remplissais beaucoup trop, je perdais la notion de plaisir et de joie, et je n’avais plus la place pour faire entrer d’autres choses dans ma vie. Et c’est aussi ma constatation suivante : je végétais trop à mon goût et n’avançais pas assez pour réaliser mes rêves et mes projets de vie. Pour en revenir à mon ami dont je parlais plus haut : j’apprécie énormément sa compagnie, mais j’étais dans l’impossibilité de lui dire stop et de me consacrer à une autre occupation plus épanouissante lorsque celui-ci dépasse des bornes. C’est maintenant chose faite !

  • J’ai dit stop et j’ai fait du ménage dans ma vie

l'hyperempathie et l'hyperactivité vont souvent de paireParmi toutes les occupations qui n’étaient pas nécessaires, j’ai donc fait le tri entre les activités dans lesquelles je m’épanouissais et les autres. Puis, sur le temps que je les pratiquais. Comme je l’ai dis plus haut, le principal problème chez moi est que je me forçais à consacrer beaucoup TROP de temps à chacune de mes activités pour « combler le vide » et oublier de ressentir ma souffrance intérieure. J’ai donc coupé court dans l’emploi du temps en me fiant uniquement à mon baromètre intérieur. C’est en effet mon ressenti qui me dit quand terminer une activité, lorsque celle-ci ne m’apporte plus de satisfaction ou que je sais inconsciemment que l’objectif est déjà atteint, il est temps d’arrêter. Et c’est là que c’est dur plus moi. Accepter de lâcher prise sur ce que je fais, accepter de rencontrer mon vide temporaire pour me consacrer à autre chose. Nous sommes là au coeur de la problématique de l’hyperempathie : ne pas se surinvestir dans une chose extérieure et prendre connaissance de son monde intérieur. Et c’est cette prise de position qui me fait resurgir beaucoup d’angoisses et quelques crises de compulsions alimentaires. Ce n’est donc pas un exercice facile pour moi, et je n’y suis pas encore à mon aise.

  • Revenir à soi et habiter sa vie

hyperempathie et connaissance de soiPourtant, ça libère du temps, vraiment ! Du temps que l’on pourrait utiliser à nouveau pour tenter de combler le vide et reproduire ce schéma qui nous éloigne de nous-même…. Ou bien du temps pour s’habiter, se construire, penser à soi et vivre sa vie ! J’ai donc, dans ma période de réflexion, établi une liste d’activités, projets, qui, en réalisant, me font sentir vivante et me remplissent de joie. Ici, il n’est plus question de faire des choses pour s’occuper mais de créer une dynamique où se consacrer à telle ou telle chose nous épanoui de l’intérieur, en profondeur. La aussi, j’ai eu du mal à faire l’ébauche d’une telle liste. Il est facile de retomber dans le piège de ce que l’on croit vouloir faire. Il est important à ce stade là d’être à l’écoute de son ressenti et de ses émotions pour n’écrire uniquement les activités et les projets qui nous remplissent réellement d’une grande joie. Il est difficile de dire ici : fais telle ou telle chose. C’est une réflexion et une évolution très personnelle. Aujourd’hui, j’oscille toujours un peu entre mes anciens réflexes et la mise en place du nouveau, grâce au temps que j’ai pu libérer. Et cet article est déjà bien assez long comme ça. Si cela t’intéresse, j’écrirai un nouvel article pour raconter ce qui a changé dans mon quotidien d’ici un mois ou deux, les projets que j’ai enclenché et comment je me sens dans ma peau et dans ma vie après tous ces changements.

Te sens tu concerné par mon témoignage, ne serait-ce qu’en partie ? Laisse moi un commentaire pour me dire ton ressenti et si tu as déjà réussi à dépasser ce type de comportement.

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1 thought on “Lorsque l’hyperempathie et ma sensation de vide intérieur me pousse à (trop) manger ?

  1. Merci pour cettece article tres intéressant j’ai l’impression de m’y retrouver Bonne journée a toi et courage

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